Qui sommes-nous?

Les Maï -Maï sont des forces vives résistantes dont le mouvement a débuté essentiellement à l' Est de la RDC vers les années 1990 à la suite du conflit de terre créé par les réfugiés rwandais dans les territoires de Masisi et Walikale, province du Nord-Kivu.

En effet, le défunt Maréchal MOBUTU venait d'accorder à son homologue défunt Président HABYARIMANA du Rwanda une large concession de 20.000 Hectares dans les carrières d'or du territoire de Walikale sans en avoir informé au préalable les chefs coutumiers locaux.  Par ailleurs, d'autres réfugiés Rwandais Hutu et Tutsi confondus organisés au sein d'une Association multidimensionnelle dénommée MAGRIVI ( Mutuelle Agricole de Virunga ) se sont arrangés avec le pouvoir corrompu de Mobutu pour obtenir des titres de propriété fonciers dans la même Province.

En outre, ce même réfugiés se sont investis dans l'élimination physique de l'Elite intellectuelle, des chefs coutumiers, des opérateurs économiques ainsi que de la population autochtone. Au lieu que le pouvoir dictatorial  de MOBUTU vienne résoudre cette question, il a mené des actions punitives conduite par les Forces Armées Zaïroises (FAZ ) contre la population autochtone dans deux opérations de triste mémoire dénommées "MBATA" qui signifie gifle en Lingala et "KIMYA" qui signifie Paix. Ces opérations consistaient à brûler les Habitations des paisibles villageois, à piller leur bétail, à violer les femmes dans toute la contrée et à tuer tous les jeunes hommes souponnés d'être Maï-Maï.

Cette situation a conduit à l'organisation de la résistance dénommée "KATUKU" en langue locale qui signifie " flèche" et en 1993 la première révolte éclate à NTOTO, territoire de Walikale. En 1994, le Front Patriotique Rwandais ( FPR ) venait de prendre le pouvoir à Kigali après un génocide entre Hutu et Tutsi, cela a eu comme conséquence l'afflux massif des réfugiés Hutu dans le Nord et le Sud Kivu avec l'appui de la communauté internationale. Au même moment, on a observé un  mouvement inverse des réfugiés rwandais Tutsi de la RDC vers le Rwanda pour participer disaient-ils, à la reconstruction de leur pays.

Deux ans plus tard ( octobre 1996 ) la guerre des "Banyamulenge" éclate dans la plaine de la RUZIZI avec l'appuie du FPR sous le motif de réclamer la nationalité Congolaise. Peu après, cette guerre se transforme en mouvement de libération, AFDL ( Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo Zaïre ), mouvement créé avec certains congolais parmi lesquels nous pouvons citer : Laurent Désiré KABILA et KISASE NGANDU. Au départ, les Maï-Maï ont opposé une farouche résistance face à l'avancée des troupes de cette Alliance. Après négociation et signature des accords avec les autorités de l'AFDL , les Maï-Maï leurs avaient non seulement accordé le passage mais aussi  fournis un important Contingent des combattants ( KADOGO ) avec armes.

Ces accords stipulaient que :

-           Le partage du pouvoir se ferait équitablement en tenant compte de l'effort de guerre de chaque partie (AFDL et MAI-MAI )

-           Le retour dans leurs pays respectifs des mercenaries devait se faire après la libération.

-           Les Maï-Maï qui n'ont pas intégré l'AFDL devaient vaquer librement en toute sécurité à leurs occupations civiles.

Quelle n'a pas été la surprise de voir tous ces accords foulés aux pieds, non seulement il n' y avait pas eu partage du pouvoir mais aussi les mercenaires ne sont pas rentrés chez eux et ont plutôt commencé le matraquage des ex- Maï-Maï qui n'ont pas intégré l'AFDL. Cet état des choses a amené les rescapés ex-Maï-Maï à se réorganiser pour échapper à l'extermination. Le pouvoir de Kinshasa voyant à nouveau la poudre en l'air dans le Kivu a dépêché plusieurs missions de "pacification"  pour tenter de désarmer les résistants Maï-Maï, ce qui n'a pas été une tâche facile.

En septembre 1997, un groupe de Maï-Maï déposant les armes et fut acheminé aux camps militaire Kapalata de Kisangani, d'où ils  furent malheureusement empoisonnés par les éléments de l'APR ( Armée Patriotique Rwandaise ). Ce crime a exacerbé la position des Maï-Maï qui étaient restés dans le Kivu jetant le doute dans la volonté réelle de négocier avec le régime de Kinshasa de l'époque. Signalons en passant que la guerre de la libération de l'AFDL ne s'était pas faite sans casse. Outre les massacres et assassinats ciblés, elle s'est particularisée dans les génocides de plusieurs milliers des réfugiés Hutu ( à Tingitingi, à Musenge, à Chambucha, à Kamituga, à Shabunda, à Bunyakiri, à Fizi).

Cette situation complique l'identification de génocidaires dans la sous-région de grand-Lacs entre les communauté Hutu et Tutsi. L'une comme l'autre ont des mains souillées par le sang humain. A Kinshasa, les "Banyamulenge" qui pourtant étaient déjà bien servis dans le Gouvernement de l'AFDL ( BIZIMANA KARAKAMUHETO : Ministre des affaires étrangères, Déogras BUGERA : Secrétaire générale de l'AFDL, James KABAREBE : Chef d'Etat Major des Forces Armées Congolaises, Léonard KANYAMUHANGA : Gouverneur du Nord-Kivu, Benjamin SERUKIZA : Vice - Gouverneur du Sud Kivu), excédés par le zèle du pouvoir ont tenté à plusieurs reprises d'arracher la présidence  de la République à Mzee L.D KABILA, ce qui a conduit à leur expulsion  vers leurs pays respectifs en date du 27 juillet 1998.

Un semaine plus tard soit le 2/08/1998, une deuxième  guerre sans nom éclate, elle  se commua en Rassemblement Congolais pour la Démocratie ( RCD ) quelques semaines après.  Cette guerre va se singulariser par un méga-génocide des congolais , près de 4.750.000 morts  dans trois ans d'après le rapport de l'ONG américaine IRC ( International Rescue Comittee ). A titre de rappel, nous pouvons citer les massacres de : Makobola, Kasika, Burinyi, Kavumu, Bunyakiri, Fizi, Mwenga, Shabunda, Kahungwe, Lemera, Massi, Walikale, Butembo, Beni, Kisangani, Bafuasende, Kindu, Bunia, Manono, Kabinda.

Ce bilan  macabre prouve s'il en était besoin que cette prétendue rébellion à multiple ramification ( RCD, MLC, RCD/ML) n'est qu'un plan délibéré des Rwandais et leurs complices, afin d'imposer par la force leur hégémonie.

Maintenant que nous arrivons à la phase de négociation issue de l'accord de Lusaka auquel nous avons été marginalisé et pourtant nous sommes parmi les principaux belligérants, nous pouvons nous demander qu'elle chance à accorder au processus de paix en cours. C'est pourquoi nous avons demandé à juste titre une composante au dialogue intercongolais afin que nous puissions contribuer efficacement à ce processus de paix.

Quoi qu'il en soit, nous patriotes résistants Maï-Maï exigeons avant notre participation aux négociations, le retrait inconditionnel des troupes étrangères dans notre pays.

PATRIOTES RESISTANTS MAI - MAI ( PAREMA )

"Pour la défense des intérêt du peuple, nous résistons.

 Pour la cause juste, nous vaincrons"

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