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Il y a deux semaines, j'étais à la RTNC pour une
émission sur la guerre de résistance menée conjointement
par les Banyamulenge de Masunzu et par les Maï Maï
de Dunia contre l'armée d'occupation rwandaise. L'émission
n'a finalement pas eu lieu et j'en ai profité pour
discuter avec le camarade Lenghe, chef de la délégation
du maquis de Dunia et avec un membre de sa délégation
qui est chef coutumier au Sud-Kivu.
Je leur ai parlé d'une Déclaration récente
des partis de l'opposition rwandaise qui groupent
aussi bien des Tutsi que des Hutu. Cette alliance
démocratique a pris des positions tout à
fait pertinentes contre le régime militariste,
aventuriste et génocidaire de Kagame et elle
soutient le peuple congolais dans sa juste guerre
de résistance. Mes amis avaient difficile à
croire que des forces pareilles pouvaient exister
au Rwanda...
Je leur ai donné le texte à lire. Les partis de l'opposition
rwandaise affirment dans leur déclaration que Kakame
dirige "une dictature militaire désormais aux abois".
Ils appellent "toute la région des Grands Lacs à se
mobiliser massivement en vue de faire avorter les
visées expansionnistes du régime Kagame".
Ils saluent "la résistance légitime
du peuple de la RD Congo qui fait face, à Kisangani,
au Kivu et ailleurs, à l'occupation désastreuse
de leur pays". Lorsque le chef coutumier a terminé
la lecture de ce texte, il dit: "Mais c'est parfait,
tout y est, il n'y a rien à ajouterÉ"
C'est ainsi qu'un chef coutumier du Kivu fit une découverte
incroyable: le peuple du Kivu et du Congo a des alliés
même parmi les Tutsi rwandais...
Or, la question des alliés est capitale dans toute
guerre de résistance. Aujourd'hui, la guerre contre
le régime militariste de Kigali est une guerre politique
autant que militaire. Le Congo a des alliés au Rwanda
qui ne veulent ni de la guerre d'occupation de Kagame
au Congo, ni de l'alternance à Kigali entre des régimes
ethnicistes et génocides qui se réclament, les uns
"des" Tutsi et les autres "des" Hutu.
En réalité, les régimes de Habyarimana et de Kagame
sont de même nature: ils représentent deux cliques
de grand bourgeois hutu, pour la première, tutsi,
pour la seconde, qui se sont enrichies dans un pays
extrêmement pauvre et cela au détriment tant de la
masse hutu que de la masse tutsi. Le Congo a tout
intérêt à nouer une alliance avec les forces démocratiques
hutu et tutsi du Rwanda. D'abord pour précipiter la
chute du régime génocidaire de Kagame, ensuite pour
créer une nouvelle solidarité et coopération entre
le Congo et un Rwanda dirigé par des patriotes et
des panafricanistes.
On se rappelle qu'au moment ou Kagame et Museveni
étaient en pleins préparatifs de leur
guerre d'agression, en mai 1997, Kabila a convoqué
un sommet régional pour discuter des problèmes
de la paix, de la coopération et du développement...
L'initiative fut boycotté par le Rwanda, l'Ouganda
et le Burundi.
On peut espérer qu'un tel sommet pourra finalement
être convoqué après le renversement
de la dictature de Kagame... Ce sera un bel hommage
à feu Mzee Kabila et à sa grande vision
d'une Afrique unie et indépendante, délivrée
de toute soumission à l'impérialisme.
Au Rwanda, Kagame ne dispose plus de réserves politiques:
son isolement est total et il ne pourra sans doute
plus imaginer de nouvelles ruses pour en sortir. Plus
d'une centaine de haut responsables tutsi du FPR et
de l'APR ont pris la fuite et dénoncent son régime
avec des preuves écrasantes.
La grande majorité des Tutsi rwandais s'oppose maintenant
à un régime qui étouffe toutes les masses tutsi aussi
bien que hutu par la misère et, comme le dit la déclaration:
"par la terreur institutionnalisée". Kagame s'est
même vu "obligé" d'interdire à son ancien compagnon,
le président Bizimungu, de faire encore de la politique!
Kagame, qui persiste dans la voie de la guerre et
de la terreur au Congo, ne peut pas reculer au Rwanda
: toute ouverture politique réelle scellera la fin
de son régime tyrannique.
La défaite de l'armée de Kagame au Congo, peut être
facilitée par le combat politique de l'opposition
démocratique rwandaise. Cette opposition exige maintenant
"l'ouverture rapide d'un Dialogue politique Inter-Rwandais
hautement inclusif" qui seule peut donner au Rwanda
"un Gouvernement crédible, légitime et représentatif
qui prenne en considération les préoccupations sécuritaires
de la RDC, sa souveraineté nationale et son intégrité
territoriale."
On peut donc s'attendre à ce que Kagame ira jusqu'au
bout de sa logique militariste et qu'il ne quittera
le territoire congolais qu'après avoir encaissé des
défaites militaires. C'est ici que la résistance armée
très tenace que les Banyamulenge opposent à l'agression
de l'armée rwandaise sur les Hauts Plateaux de Minembwe,
rejoints par les Maï Maï de Dunia, prend toute sa
signification.
Un des prétexte à la guerre de Kagame est qu'il voulait
"sauver les Tutsi congolais du génocide organisé par
Kabila et Yerodia". Aujourd'hui, les Banyamulenge
détruisent complètement ce prétexte en combattant
les agresseurs et en déclarant que Kagame commet un
génocide contre toutes les populations du Congo, y
compris contre les Banyamulenge.
Le peuple et l'armée du Congo doivent se tenir prêts
à mener la guerre patriotique jusqu'à la victoire,
au cas où toutes les concessions que le Président
Joseph Kabila continue à faire, n'amènent pas Kagame
à retirer inconditionnellement ses troupes d'agression.
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