| Introduction Depuis 1996, La République Démocratique du Congo est en butte à des Convulsions provoquées et entretenues par ses trois voisins à l'Est, le Rwanda , le Burundi et l'Ouganda. Et voilà près de six ans que la communauté internationale se préoccupe de trouver des voies d'issue à ce conflit qui grève lourdement les efforts de développement de toute l'Afrique au sud du Sahara. Dans la quête d'une solution acceptable à cette crise, on a parlé tour à tour des Accords de Syrte, de ceux de Lusaka, du cessez- le - feu, du débat national, du Dialogue Inter Congolais, du Dialogue Intercommunautaire, du dialogue interkivutien, de l'Accord de Sun City, de Pretoria, de Luanda. Notre avis dans tout cela, c'est que pour parvenir à une paix durable dans la région, toutes ces démarches doivent reposer sur certaines prémisses. Si celles-ci sont vraies, la vérité sauve. Nous aboutirons à un édifice solide, durable : la paix véritable, celle des curs, sans rancurs et sans arrière-pensées. Si elles sont fausses on bâtit sur du sable, du friable. Pour être vraies, les prémisses supposent la maîtrise des vérités historiques, des données réelles telles que perçues et vécues par les véritables concernés. Comme explication à cette crise, d'aucuns prétendent que c'est un plan de balkanisation du pays concocté par les puissances occidentales dont les Rwandais, Ougandais, Burundais, Erythréens et autres ne seraient que de simples exécutants. D'autres, les tenants de la thèse de rébellion, la présentent comme un mouvement de frustration des exclus contre ceux qui se sont injustement et égoïstement accaparé de toute la manne nationale. Mais, telle que présentée par les médias internationaux, la guerre apparaît comme une guerre tribale, un mouvement "ANTITUTSI" qui se serait développé on ne sait à partir d'où, ni pour quelle raison. C'est ici qu'est évoqué le problème de la nationalité qui n'aurait été refusée qu'à la seule ethnie Tutsi ! La question ici serait de savoir comment et pourquoi près, si pas plus de quatre cents (400) tribus se ligueraient unanimement contre la seule tribu Tutsi. Et de surcroît, avec la complicité de leurs propres frères de culture et de race, les Hutus! Les Patriotes-resistants Maï-Maï déplorent que les médias internationaux, qu'ils croyaient jusque-là animés par des esprits profonds et perspicaces, ne se soient jamais préoccupés de se poser de telles questions et encore moins d'y réfléchir à haute voix. Pour leur part, six ans d'affrontements avec les dures réalités de cette guerre et quelques moments de réflexion sur une possible issue honorable et acceptable pour tous, permettent aux Maï-Maï de proposer à votre examen quelques pistes qui, sagement exploitées pourraient peut-être nous servir de fil d'Ariane pour sortir du labyrinthe. Le souci d'un bon partage de cette réflexion nous contraint à commencer par partager avec vous notre point de vue sur les causes du conflit, les conséquences telles que vécues par les populations de l'Est et enfin les propositions de pistes de sortie de la crise. Les causes de la guerre Si nous voulons vraiment comprendre les causes profondes et véritables de la guerre, nous devons constamment garder présent à l'esprit que la guerre à l'Est de la RDC est un match à trois protagonistes : - Les bourreaux : c .à. d les agresseurs : Rwanda, Ouganda, Burundi. - Les commanditaires : les puissances d'argent. - Les victimes : Etat Congolais et populations agressées Les bourreaux Pour les rwandais La guerre à l'Est de la RDC est un simple prolongement, au Congo, de l'affrontement séculaire meurtrier Hutu-Tutsi qui a, de tous temps, caractérisé la cohabitation difficile de ces deux ethnies au Rwanda et au Burundi . La poursuite de cet objectif a mené au démantèlement des camps et à l'extermination des réfugiés Hutu installés en RDC par l'opération Turquoise, mais sauvagement massacrés par l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) sous l'il indifférent et impassible de la fameuse Communauté Internationale. A côté de ce prétexte immédiat, il faut joindre deux causes profondes et séculaires : la recherche de l'espace vital pour l'excédent de sa démographie galopante et celle des ressources naturelles pour se tailler une place dans le commerce et l'économie mondiale. Du côté Ougandais Les causes sont essentiellement d'ordre économique et de lutte de leadership dans la sous-région. Pour les commanditaires C'est la recherche des matières premières bon marché pour maintenir la compétitivité de leurs produits sur le marché international aux fins de leur permettre soit de maintenir ou de gagner de nouveaux marchés sans perdre de l'argent, soit d'optimiser davantage leurs profits. Les victimes - Le Gouvernement Congolais : qui, conformément à l'article 51 de la charte des Nations-Unies, exerce la légitime défense pour la sauvegarde de l'intégrité du territoire et de la souveraineté nationale. - Les peuples agressés ou sous occupation que les occupants tentent d'exterminer par tous les moyens pour pouvoir disposer, sans contestation, des terres restées vacantes. De là, l'apparition des NGILIMA , des MAï-MAï. C'est moins une forme de résistance qu'un instinct, une volonté farouche de survie, face à un ennemi qui utilise tous les moyens d'extermination à sa portée pour dépeupler afin d'occuper le terrain resté vide. C'est la répétition au 21 ème siècle du FAR WEST américain. Pour les peuples sous occupation, aucune forme de marchandage n'est possible. La seule possible est celle qui leur assure avec la paix, la pleine et libre jouissance de leurs terres. En résumé, les causes apparaissent comme étant pour les agresseurs et leurs commanditaires : - Poursuite et extension au Congo du conflit HUTU-TUTSI caractéristique du Rwanda et du Burundi. - Recherche de l'espace vital. - Pillage des ressources naturelles et massacre des populations autochtones Congolaise. - Recherche du leadership régional. Pour les victimes : - Défense de la souveraineté et de l'intégrité du territoire. - Défense du droit à la vie, à la liberté, à la pleine et libre jouissance de la terre de leurs ancêtres. Esquise de solution Si l'on veut une solution radicale et durable à la crise Congolaise, il faut se rendre d'abord à l'évidence que celle-ci revêt deux aspects essentiels : aspect endogène et aspect exogène. L'aspect endogène lui-même n'est pas à réduire à la seule dimension politique. Le partage du pouvoir entre opportunistes politiques de l'AFDL, RCD, et le MLC, opposition ou société civile É n'éteindra pas la soif de paix et de sécurité des populations du Kivu, actuellement exposées à la menace permanente de l'impérialisme belliqueux des agresseurs avec l'appui des puissances anglo-saxonnes. Le RCD n'est pas en effet perçu à l'Est comme un parti politique, mais comme un cruel et docile instrument d'extermination des populations autochtones pour offrir des terres vacantes à l'occupant Rwandais en quête d'espace vital pour sa démographie galopante et de ressources naturelles pour son économie chancelante. Et tant qu'il présentera ce visage, jamais il n'y aura de cohabitation entre ce RCD- là et les populations de l'Est ou les Maï-Maï. C'est pourquoi, nous restons d'avis, pour notre part, que la paix véritable et durable dans la sous-région des Grands lacs passe par un face à face immigrés rwandais - populations autochtones Congolaises. Ce sont en effet ces populations qui ont reçu les immigrés tutsi traqués par les Hutu et les ont protégés tout en sécurisant les hutu Kayibanda et Habyarimana. Ce sont encore elles qui ont également reçu les Hutu depuis 1994 et qui peuvent encore sécuriser les tutsi contre les milices interahamwe et ex-FAR ; si tant est que Kagame veut réellement cette sécurité. Or, nul n'ignore qu'il ne peut y avoir sécurité, sans rétablissement préalable de la paix. Et aucun accord signé avec le pouvoir de Kinshasa sur le dos des populations du Kivu ne pourra lui assurer une exploitation pacifique du Kivu. La paix véritable et durable passe par la prise en compte des besoins sécuritaires de tous et pas seulement de ceux des agresseurs accompagnés de quelques miettes de satisfactions matérielles ou de dividendes politiques dédaigneusement jetées à leurs acolytes. Sur l'aspect exogène, l'on doit forcément se rendre à l'évidence,, qu'on le veuille ou non, que le conflit n'étant, pas Congolais à ses origines, sa solution ne saurait se retrouver au Congo. Et ce, quels que soient les types de pressions que l'on puisse exercer sur les dirigeants de la RDC. Si l'on ne vise que la seule extermination des populations du Kivu pour mieux jouir tranquillement des terres et autres richesses de la contrée sans sa population, autant y aller directement et épargner des souffrances inutiles aux victimes en utilisant les armes les plus efficaces et les plus expéditives. Qu'on agisse avec ces pauvres populations comme on fait avec les condamnés à mort. Mais si l'on veut la paix et la sécurisation de la région, cette population comprise, il faut alors que la guerre se termine, selon la prophétie de Mzee Laurent Désiré Kabila, par où elle a commencé c. à. d. au Rwanda, au Burundi, en Ouganda. De là, la nécessité d'une organisation de quatre et non d'un seul dialogue intercommunautaire. Il faut partant, en plus du dialogue Inter congolais, l'organisation de trois autres dialogues intercommunautaires qui se complètent et complètent le 1èr. Il s'agit des dialogues : - interwandais - interougandais - interburundais Seule cette initiative peut permettre l'aménagement d'un espace démocratique pour l'adoption d'un compromis politique entre les différents protagonistes, esquisse de solution aux problèmes de partage politique qui déchirent la sous- région et prélude à l'avènement d'une paix véritable et durable dans la contrée. Ces quatre dialogues seraient alors couronnés par une grande Conférence Internationale sur la PAIX dans la région des Grands Lacs ; Conférence qui ne serait en fait qu' une grande conclusion des quatre débats. Sur ce chapitre, le Burundi est entrain de donner l'exemple. Il faut féliciter son courage et sa détermination. Le prétexte sécuritaire constamment avancé par le Rwanda, ne devrait pas jouer en faveur des seuls rwandais. Il doit également être pris en compte en faveur des populations autochtones congolaises face au surarmement de leurs frères de race par les Rwandais, les Burundais et les Ougandais. Si ceux-ci veulent demeurer en RDC après le retrait des armées rwandaises, ougandaises et burundaises, soit comme congolais, soit comme simples étrangers ( immigrés) ; ils doivent être désarmés au même titre que les FAR et les INTERAHAMWE et respecter les lois et règlements du pays hôte. Dans le cas contraire, ils doivent choisir entre le rapatriement au Rwanda, au Burundi, en Ouganda ; la réinstallation par le HCR dans un autre pays de leur choix ou leur transfert dans une province autre que le Nord, Sud Kivu, Maniema et Nord-Katanga ; ( Kasaï, Bandundu, Equateur, Bas-Congo), où ils ne pourraient plus servir de prétexte pour la rupture de la PAIX et la déstabilisation de la région. Le tout aux frais de la communauté internationale qui en a largement, les moyens et dans un délai précis. La création d'un tribunal pénal international pour la RDC et l'indemnisation de la RDC pour dommages de guerre. La sanction de tous les coupables de crime de guerre au cours de ce conflit découragerait tous les pays tentés de servir de chiens de chasse au néocolonialisme et calmerait quelque peu les rancurs suscitées dans les curs des victimes. Sans quoi les rancurs accumulées et intériorisées rejailliront tôt ou tard sous forme de revanche. Le retrait des troupes d'occupation de la RDC et la constitution d'une Force Internationale d'INTERPOSITION et de maintien de la PAIX aux frontières entre le Congo et le Burundi ; le Congo et le Rwanda ; le Congo et l' Ouganda et non à l' intérieure de la RDC. Les congolais sont un peuple pacifique, tolérant, hospitalier. Le départ des troupes d'agression fera renaître peu à peu la tolérance et une paix durable s'installera à la longue dans la région. Conclusion Nous avons dû nous rendre compte, à ce bref exposé, que toute solution durable au problème congolais doit objectivement tenir compte de : - L' attitude des agresseurs, des commanditaires et leurs visées de toujours - L'attitude des communautés congolaises autochtones représentées par leurs vaillants résistants Maï- Maï La 1° proposition tient effectivement compte de l'attitude des agresseurs et suppose pour son application que chacun veuille réellement restaurer la paix et la sécurité chez soi. La 2° prend en compte les impératifs de sécurité en faveur aussi bien des Etats voisins que des populations autochtones congolaises. Et c'est ici qu'il faut prévenir que ce serait une
utopie de croire que l'on puisse octroyer en bloc une nationalité Congolaise aux Rwandophones et les laisser paisiblement en place en se contentant du simple désarmement des EX-FAR, INTERAHAMWE et FDD et autres forces négatives. Ce serait une gageure, même pour la MONUC parce qu'il est encore présent dans les mémoires que ce sont les camions et bus de l'ONU qui ont d'abord déversé les Rwandais à MULENGE en 1959, puis acheminé armes et troupes rwandaises à UVIRA et Bukavu en 1996 et 1998. cfr Braeckman p 194. La 3ème proposition qui prône la justice pour le peuple est une tentative de réhabilitation de la communauté internationale dans le chef des populations victimes des cruautés des armées d'occupation agissant avec l' appui et la complicité des certaines puissances occidentales. Pour la Communauté d'Uvira à Kinshasa - KANYEGERE LWABOSHI - MAHANO GE MAHANO |