Face à la nouvelle agression rwandaise, les Maï-Maï appellent les Kinois à la résistance

Publié dans L'Avenir du 6 décembre 2004

Les Maï-Maï ont décidé d’appliquer sans faille le mot d’ordre de celui qu’ils reconnaissent comme leur chef de file, à savoir, le général-major Joseph Kabila, président de la République. La coordination des Maï-Maï pour la ville de Kinshasa que dirige François Kibwa Ngambo a sensibilisé sa base au cours s’une matinée politique organisée dans la salle du Zoo dans la commune de la Gombe.

La rencontre a eu lieu au lendemain de la rencontre avec le général Padiri, responsable du mouvement Maï-Maï qui a récemment séjourné dans la capitale en mission officielle. A cette occasion, le responsable des Maï-Maï Kinshasa a appelé les Kinois à se montrer solidaires des compatriotes du Nord-Kivu, victimes de l’agression rwandaise. Pour lui, les Maï-Maï ont une réputation, celle de la résistance contre les velléités annexionnistes du régime dictatorial de Kigali. Il a appelé les Kinois à la vigilance et à ne pas se tromper en pensant que l’ennemi avait l’intention de ne s’arrêter qu’à l’Est du pays.

Car, a-t-il révélé, la guerre à l’Est a comme finalité la prise de Kinshasa, siège de toutes les institutions de la transition.  Il a demandé  aux Kinois de se préparer à repousser les agresseurs comme  l’avaient fait lors de l’agression de 1998 les habitants des communes de N’Djili, Masina et Kimbanseke. Il a exhorté les Kinois à suivre l’exemple des peuples qui ont démontré à la face du monde qu’ils peuvent  résister à n’importe quelle puissance. Il a cité le cas de la Somalie,  de la Côte d’Ivoire.

Le responsable du mouvement Maï-Maï pour la ville de Kinshasa a demandé à sa base  de ne pas se laisser aller au baratin de la communauté internationale qui soutient l’action du Rwanda en faisant semblant de la dénoncer. Car, a-t-il souligné, cette communauté internationale soutient le Rwanda en reconnaissant que le gouvernement de Kinshasa mettait du retard dans le désarmement des rebelles rwandais.  La communauté internationale donne également raison au Rwanda en reconnaissant que les ex-Far et les Interahamwe constituaient un danger pour Kigali. On a l’impression que le danger que Kigali constitue pour le Congo ne préoccupe pas cette communauté internationale.

Il a enfin fait savoir que grâce à l’action des Maï-Maï encadrés par le général Padiri Bulenda, l’avancée des troupes rwandaises est stoppée malgré le surarmement de ces soldats.